Question d’adaptation…

Voilà 2 mois et demi que je suis arrivée à Shanghai … déjà ! Le temps passe toujours aussi vite, même quand on ne travaille pas ! Il y a d’abord une période d’adaptation à l’environnement immédiat et vital : traverser la rue, surtout quand le petit bonhomme est vert (car personne ne s’arrête pour les piétons ici… que le plus gros et le plus rapide gagne !), faire les courses, s’approvisionner en eau potable, faire fonctionner la carte visa,  se procurer un portable (ordi comme téléphone), faire réparer les toilettes bouchées, comprendre comment payer la facture de téléphone et d’électricité, oublier le bruit incessant des klaxons qui tendent à remplacer les rétroviseurs (il faut dire que les chauffeurs de taxi sont souvent bigleux), faire marcher la clim réversible et O joie, réussir à obtenir du « chaud »… 

Puis une période d’adaptation à mon statut ici : de femme active en expatriation à Shanghai, « la ville ou il faut être aujourd’hui dans le monde des affaires », être une femme en recherche d’emploi, qui prend des contacts par-ci par-là, qui discute avec des avocats d’affaires qui mènent une vie aussi passionnante que prenante, mais surtout prenante… qui découvre très logiquement qu’en Chine, les entreprises cherchent des employés qui parlent chinois et qui se souvient qu’elle voulait faire une pause professionnelle et que son petit mari pourrait bien travailler pour deux pendant quelques temps… devenir alors une femme d’expat’ qui découvre la vie de femme au foyer et qui va bientôt prendre des cours de cuisine (chinoise) car les pates, ca suffit (heureusement que Shanghai compte d’innombrable restaurants et que nous avons une ayi (nounou) qui nous fait de bons petits plats maison 2 ou 3 fois par semaine ; et devenir une femme d’expat’ qui prend des cours de chinois et qui se passionne pour cette langue et son écriture tant et si bien qu’elle décide de s’inscrire a l’université … être finalement une future étudiante en chinois, dès février prochain (après le nouvel an chinois). Je vous promets un article dès le soir de la rentrée universitaire. Ma courte visite de la fac lors de l’inscription m’a transportée 11 ans en arrière, alors que j’arrivais à Cologne : drôle d’impression. Malgré les difficultés à suivre les premiers cours d’amphi en allemand, je crois bien que c’était un jeu d’enfant a coté de ce qui m’attend tout en chinois ! A suivre…

Enfin, une adaptation permanente à la vie shanghaienne : prendre des cours de chinois, ouvrir un compte en banque, trouver des cours de violon, trouver une chorale, dénicher un vendeur de DVD ou les sous-titres correspondent au film, réussir à entrer du premier coup dans le métro bonde en période de pointe, et encore mieux, réussir à en sortir a la bonne station, trouver un taxi à 6 heures du soir sous la pluie en moins d’une heure, faire faire un manteau sur mesure, oser entrer chez un coiffeur mais se contenter d’un shampooing et d’un massage (pour l’instant), gouter à la vie nocturne des expat’, « déguster » des plats chinois dans des bouis bouis, se reposer les papilles dans un bon p’tit restau français du sud est… 

Shanghai est une ville très moderne et ne reflète sans doute pas ce qu’est  la majorité de la Chine, mais c’est quand même la Chine et à sa manière, toute « première » expérience, même anodine, peut se révéler une aventure.

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